SNS Share
Article View Option

2017/02/08 11:11 KST

(FOCUS) Pas de rédémarrage du complexe industriel de Kaesong à l'horizon un an après sa fermeture

SEOUL, 08 fév. (Yonhap) -- Le gouvernement sud-coréen a décidé il y a un an de suspendre les activités du complexe industriel de Kaesong dans le cadre des mesures prises suite au lancement de fusée à longue portée par la Corée du Nord le 7 février de l'année dernière, tout juste un mois après son quatrième essai nucléaire.

La fermeture de ce site, qui était le dernier bastion de la coopération intercoréenne, a marqué une rupture à part entière dans les échanges entre les deux Corées.

Quel sera donc l'avenir du parc industriel intercoréen dans un contexte où les menaces nucléaires et balistiques nord-coréennes ne cessent de croître ?

Le complexe industriel de Kaesong vu de l'observatoire de Dora, à Paju, dans la province du Gyeonggi (Photo d'archives Yonhap)
Le complexe industriel de Kaesong vu de l'observatoire de Dora, à Paju, dans la province du Gyeonggi (Photo d'archives Yonhap)

◇ Début d'une époque ténébreuse après la fermeture

D’après le ministère de l’Unification, le montant des échanges commerciaux intercoréens est tombé l’an dernier au plus bas niveau depuis 1998, en englobant 333 millions de dollars. Il s’agit d’un recul à un niveau comparable à ceux des années qui ont précédé le gouvernement Kim Dae-jung qui a mis en place sa politique du «rayon de soleil».

Le commerce intercoréen a été nul si l’on exclut la production du complexe industriel de Kaesong jusqu'au 10 février 2016.

Après cette mise à l’arrêt, un seul Sud-Coréen s’est rendu au Nord, le fils de la défunte présidente du Parti Chondoist Chongu, pour assister aux funérailles de sa mère. Du côté nord-coréen, aucune personnalité n'a franchi la frontière commune.

«Avec la suspension provisoire du complexe industriel de Kaesong, le dernier bastion des relations intercoréennes, celles-ci ont entamé une époque ténébreuse», a noté Yang Moo-jin, professeur de l’Université des études nord-coréennes (UNKS).

◇ Obstacle aux discussions pour un éventuel redémarrage

Le projet de construction du complexe industriel de Kaesong avait été lancé en août 2000 juste après le premier sommet intercoréen. Le parc industriel intercoréen, qui a commencé à fabriquer des produits en décembre 2004, n’avait jamais vu ses activités s’arrêter même malgré trois essais nucléaires et plusieurs lancements de fusée à longue portée qui ont été réalisés par le Nord et qui ont entraîné de nouvelles résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies.

Il ne faisait pas l’objet de sanctions onusiennes dans la mesure où il s’agissait d’un projet de coopération intercoréenne permettant de fournir des emplois à des Nord-Coréens.

Or, Séoul a adopté une approche différente l’année dernière en décidant de suspendre les activités du site industriel après les nouvelles provocations nucléaire et balistique, tout en mettant en avant un argument selon lequel l’argent versé aux ouvriers nord-coréens de Kaesong a été détourné pour financer les programmes nucléaire et de missiles de Pyongyang.

Le gouvernement sud-coréen a ainsi lié le complexe industriel de Kaesong au problème nucléaire nord-coréen, rendant difficile la décision de rouvrir le site avant la résolution du problème nucléaire.

«La suspension des activités du complexe industriel de Kaesong a été une décision exceptionnelle qui a été prise par souci de sécurité de l’Etat et du peuple dans une situation grave où le Nord ne cessait de faire des provocations. Comme la suspension a résulté de la provocation nucléaire du Nord, une importante évolution de la situation sera nécessaire dans le dossier nucléaire nord-coréen pour entamer les discussions sur le redémarrage», a noté un officiel du gouvernement.

«Alors que les inquiétudes sur le détournement de l’argent généré au parc ne sont pas dissipées, un redémarrage du complexe pourrait provoquer une controverse quant à une possible violation des résolutions onusiennes», a par ailleurs déclaré hier un officiel du ministère de l’Unification.

S’il semble difficile de lancer des discussions en vue de redémarrer le site industriel sous l’actuelle administration qui a déclaré au monde extérieur le lien entre Kaesong et le problème nucléaire, le débat s’intensifiera chez les candidats du camp d’opposition à l’élection présidentielle, qui critiquent la politique du gouvernement Park Geun-hye vis-à-vis du Nord.

lsr@yna.co.kr

(FIN)