SNS Share
Article View Option

2017/01/24 06:00 KST

PyeongChang 2018 : La Corée du Nord y participera-t-elle ?

Des patinoires des Jeux olympiques d'hiver de PyeongChang à Gangneung (Photo d'archives)
Patinoires

Des patinoires des Jeux olympiques d'hiver de PyeongChang à Gangneung (Photo d'archives)

SEOUL, 24 jan. (Yonhap) -- Il reste un an avant l’ouverture des Jeux olympiques d’hiver de PyeongChang 2018 en Corée du Sud. Ce festival international des sports d’hiver est ouvert à tous les pays, y compris à son voisin du Nord.

La ville hôte, PyeongChang, se trouve d’ailleurs à proximité des barbelées qui séparent les deux Corées depuis 1953, l’année du cessez-le-feu après une guerre de trois ans, alors que cette région a été également le terrain de batailles féroces sans pitié entre les deux parties afin de tenter de gagner le moindre millimètre de terrain avant la signature de la trêve.

Plus de 65 ans après la suspension de cette guerre tragique, les deux Corées maintiennent encore la séparation, unique pays divisé en deux dans le monde. Alors les JO d’hiver de PyeongChang 2018 pourraient servir de rouage vers la détente malgré les tensions récentes autour des programmes nucléaire et balistique nord-coréens qui s’ajoutent aux déboires de la communauté internationale.

Les athlètes des deux Corées entrent dans le stade des Jeux asiatiques de Busan 2002 (Photo d'archives)
Equipe unifiée de la Corée

Les athlètes des deux Corées entrent dans le stade des Jeux asiatiques de Busan 2002 (Photo d'archives)

◇ Historique

En 1988, Séoul était au centre des ententes entre les pays occidentaux et les pays du bloc communiste cachés derrière le rideau de fer. Les Jeux olympiques d’été organisés en Corée du Sud avaient joué un rôle de ciment entre les deux blocs divisés par leurs idéologies.

Les JO d’été de Séoul ont marqué un tournant décisif dans l’histoire des JO puisque les deux éditions précédentes, à Moscou en 1980 et Los Angeles en 1984, ont fait l’objet de boycotts réciproques.

A l’époque, le régime nord-coréen avait une position hostile contre les Etats-Unis et la Corée du Sud et les athlètes nord-coréens n’ont pas pu voir les stades olympiques, ni à Los Angeles en 1984 ni à Séoul en 1988. La distance physique entre les deux Corées, plus proches entre elles que les autres pays, n’avait pas pu jouer de rôle important devant l’idéologie et les tensions politiques et militaires.

Tout de même, le vent a tourné au début des années 2000 entre les deux Corées sur la scène sportive internationale. A partir des JO d’été de Sydney 2000, les deux Corées ont commencé à se prendre la main lors de l’entrée dans les stades sous le même drapeau, une péninsule coréenne en bleu, puis aux Jeux asiatiques de Busan 2002, aux JO d’été d’Athènes 2004, aux JO d’hiver de Turin 2006 et aux Jeux asiatiques de Doha 2006.

Des supportrices nord-coréennes arrivent en Corée du Sud pour assister aux Championnats d'Asie d'athlétisme d'Incheon 2005 (Photo d'archives)
Supportrices

Des supportrices nord-coréennes arrivent en Corée du Sud pour assister aux Championnats d'Asie d'athlétisme d'Incheon 2005 (Photo d'archives)

◇ La Corée du Nord viendra-t-elle à PyeongChang ?

La présence d’athlètes nord-coréens dans des évènements sportifs internationaux organisés par la Corée du Sud n’est pas si rare. Des déplacements au Sud ont eu lieu à quatre reprises : Jeux asiatiques de Busan 2002, Universiades 2003 à Daegu, Championnats d’Asie d’athlétisme 2005 à Incheon puis Jeux asiatiques d’Incheon 2014.

Le cas le plus marquant et le plus récent a été les Jeux asiatiques d’Incheon 2014. L’équipe nord-coréenne était venue en Corée du Sud avec des supportrices et un trio faisant partie du noyau du régime nord-coréen, Hwang Pyong-so, le numéro un des armées, le numéro deux du régime, Choe Ryong-hae, et le défunt Kim Yang-gon, chargé des affaires sud-coréennes, qui ont assisté à la cérémonie de clôture de l’évènement.

Hwang Pyong-so (troisième depuis la gauche au premier rang), Choe Ryong-hae et Kim Yang-gon à la cérémonie de clôture des Jeux asiatiques d'Incheon en 2014 (EPA=Yonhap, Photo d'archives)
Hauts placés nord-coréens à Incheon

Hwang Pyong-so (troisième depuis la gauche au premier rang), Choe Ryong-hae et Kim Yang-gon à la cérémonie de clôture des Jeux asiatiques d'Incheon en 2014 (EPA=Yonhap, Photo d'archives)

D’ailleurs, l’organisateur des JO d’hiver de PyeongChang 2018, Lee Hee-beom, a déclaré en juin 2015 à une conférence de presse internationale que «les JO d’hiver de PyeongChang ouvrent leurs portes à tous les pays, y compris la Corée du Nord», «les JO de la paix font partie des objectifs».

Afin d’attirer l’attention des autorités nord-coréennes pour une participation aux JO d’hiver de PyeongChang, une demande a été faite pour le déploiement de mesures d’apaisement vis-à-vis du Nord. Kim Keun-sik, professeur de l’université de Kyungnam, évoque même une organisation partagée avec le Nord en faisant référence à la station de ski construite par Kim Jong-un au col Masik et au site touristique de Wonsan, non loin de la ville de PyeongChang.

(Photo d'archives, Utilisation en Corée du Sud uniquement et redistribution interdite)
Piste de ski de la station du col Masik en Corée du Nord

(Photo d'archives, Utilisation en Corée du Sud uniquement et redistribution interdite)

jhoh@yna.co.kr

(FIN)