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2017/01/20 14:00 KST

Ere Trump : quel avenir pour l’alliance entre la Corée du Sud et les Etats-Unis ?

ⓒ Yonhap News TV
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SEOUL, 20 jan. (Yonhap) -- Les relations sud-coréano-américaines, qualifiées de «meilleures que jamais» sous l’administration du président sortant Barack Obama, se maintiendront-elles avec le gouvernement de Donald Trump, qui prêtera serment ce vendredi ? Comment se développeront ces relations à l'avenir ? Telles sont les questions qui attirent toute attention aujourd'hui à Séoul.

Le magnat de l'immobilier devenu homme politique devrait plutôt mettre l'accent sur un «échange» bénéficiant aux intérêts américains que sur la valeur de l'alliance. Le nouveau défi de Séoul sera donc de trouver un nouveau équilibre avec son allié. Quels seront les principaux enjeux des relations Corée du Sud-USA ?

◇ Partage des coûts liés à la défense

Au cours de sa campagne électorale, Trump a appelé sans cesse à une forte augmentation de la contribution de Séoul pour assumer les coûts liés au stationnement des troupes américaines sur le sol coréen. Le candidat républicain est même allé jusqu’à dire «pourquoi pas 100%?». Le partage des coûts liés à la défense deviendra très probablement le principal enjeu de la discussion entre les alliés après l’entrée en fonction du nouveau gouvernement américain.

Les inquiétudes sur la possibilité de voir la montée d’un nouvel isolationnisme américain se sont quelques peu apaisées avec les secrétaires d’Etat et à la Défense désignés, Rex Tillerson et James Mattis, qui ont déclaré sans ambiguïté leur intention de renforcer l’alliance coréano-américaine et de défendre les intérêts des Etats-Unis et ceux des alliés de l’Asie-Pacifique. Le futur conseiller à la sécurité nationale des Etats-Unis, Michael Thomas Flynn, s'est de son côté engagé à renforcer l'alliance américaine avec la Corée du Sud en la comparant à un «gâteau de riz collant».

Dans un contexte où s’annonce d’ores et déjà un conflit aigu entre le nouveau gouvernement américain et la Chine, l’alliance et la coopération devront constituer des éléments importants pour mettre en place «la paix par la force», la politique extérieure de Trump. La menace de retrait des troupes américaines en cas de refus de Séoul d'augmenter sa contribution devrait rester une «rhétorique».

Cela dit, si les négociations sur le partage des coûts liés à la défense rencontrent des difficultés, cette quesion pourrait aussi avoir un impact sur d’autres sujets de l’alliance comme le transfert du contrôle opérationnel en temps de guerre (OPCON).

Le futur conseiller à la sécurité nationale des Etats-Unis, Michael Thomas Flynn (Photo d'archives Yonhap)
Le futur conseiller à la sécurité nationale des Etats-Unis, Michael Thomas Flynn (Photo d'archives Yonhap)

◇ Dossier nucléaire nord-coréen et option militaire

Face au programme nucléaire nord-coréen, l’actuelle politique de sanctions et de pressions contre Pyongyang sera très probablement maintenue pour le moment. Le nouveau président américain élu a déclaré que la possibilité de voir le Nord développer une arme nucléaire capable de frapper le continent américain «n’arrivera pas !». Les hommes désignés à la tête du département d’Etat, du Pentagone et de la CIA ont tous décrit la Corée du Nord comme un «ennemi» et la question nucléaire nord-coréenne comme une «menace grave», annonçant une position ferme face à cette question.

Cela dit, si le nouveau gouvernement américain composés de nombreux généraux va au-delà d’une politique ferme et envisage l’option militaire contre la Corée du Nord, les tensions pourraient fortement augmenter entre les deux alliés. Quel que soit le gouvernement qui prendra le pouvoir en Corée du Sud après l'administration Park Geun-hye, l’option militaire pouvant déclencher une nouvelle guerre sera difficile voire impossible à accepter.

ⓒ Yonhap News TV
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◇ Facteurs internes à la Corée du Sud

Des facteurs internes à la Corée du Sud pourront aussi provoquer des tensions avec les Etats-Unis. Avec la possibilité d’une élection présidentielle anticipée en Corée du Sud, la manière du nouveau gouvernement sud-coréen d’aborder le plan d’installation du système de défense antimissile à haute altitude THAAD et le dossier nucléaire nord-coréen exercera une grande influence sur les futures relations Séoul-Washington.

Certains candidats de l’opposition à l’élection présidentielle ont déjà fait allusion à l’éventuel report, voire au retrait du plan de déploiement du THAAD et à la possibilité de relancer le complexe industriel intercoréen de Kaesong et le programme touristique au mont Kumgang. Les éventuels volte-face sur ces mesures, notamment concernant le THAAD, auront de grandes répercussions sur l’alliance coréano-américaine.

lsr@yna.co.kr

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