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2017/01/19 15:35 KST

(FOCUS) Samsung : un grand ouf de soulagement après avoir évité la détention de son patron

Siège social de Samsung Electronics Co.
Siège social de Samsung Electronics Co.

SEOUL, 19 jan. (Yonhap) -- Des responsables du groupe Samsung ont poussé ce jeudi un énorme ouf de soulagement après que le tribunal a rejeté la demande de mandat d’arrêt déposée contre son patron de facto, Lee Jae-yong, dans le cadre de l’enquête sur le scandale de corruption qui a entraîné la suspension de la présidente Park Geun-hye.

Lee, vice-président de la société phare du groupe, Samsung Electronics Co., et fils unique du patron du plus grand conglomérat sud-coréen, Lee Kun-hee, a quitté le centre de détention de Séoul vers 5h ce matin après que le tribunal a refusé son arrestation.

Dans un communiqué, le groupe Samsung a déclaré apprécier «le fait de pouvoir élucider la vérité sans mise en détention».

Cela dit, Samsung est toujours en état d'alerte comme Lee continuera à être entendu par les procureurs qui le soupçonnent toujours de corruption, détournement de fonds et faux témoignages même s’il a pu éviter une détention provisoire.

«C’est un soulagement de voir (le vice-président) éviter la détention mais il n’a pas encore prouvé son innocence», a indiqué un officiel de Samsung. Si Lee est jugé coupable, cela portera un coup dur à l’image de la marque Samsung, a noté l’officiel.

Des observateurs du secteur ont fait remarquer que Samsung pourrait être affecté par les lois anti-corruption aux Etats-Unis si Lee est jugé coupable de corruption et de détournement de fonds. Même si Samsung Electronics n'est pas coté en Bourse aux Etats-Unis, il est possible dans ce cas que les activités de Samsung soient limitées en vertu de la loi américaine, ont-ils ajouté.

Dans le cadre de l'enquête sur le scandale de corruption et de trafic d’influence impliquant Park, l'équipe d'investigation indépendante avait requis lundi un mandat d'arrêt contre Lee, accusé d'avoir versé des pots-de-vin totalisant 43 milliards de wons (36,8 millions de dollars) aux deux fondations contrôlées par l'amie de 40 ans de la présidente, Choi Soon-sil.

Les procureurs soupçonnent que les pots-de-vin ont été versés pour obtenir des faveurs du Service national des retraites (NPS) lors de la fusion en 2015 entre deux des filiales de Samsung, une opération considérée comme une étape cruciale dans la succession. L'Assemblée nationale a voté le mois dernier la motion de destitution de la présidente, qui reste encore à être validée par la Cour constitutionnelle.

Samsung soutient que Park l'a forcé à faire des dons aux fondations mais il n'a pas cherché à obtenir de faveurs en contrepartie.

Lee joue un rôle central dans la prise de décision au sein du groupe depuis l'hospitalisation de son père, Lee Kun-hee, suite à une attaque cardiaque en 2014.

Des officiels de Samsung craignent que le vide à la tête de l'entreprise ne paralyse les activités du groupe.

Après l'éclatement du scandale, Samsung n'a pas procédé à son remaniement annuel et n'a pas pu présenter les objectifs pour cette année.

Comme Lee a pu éviter la détention, Samsung Electronics devrait se concentrer sur ses activités, notamment sur le rachat d’un équipementier automobile américain.

En novembre dernier, Samsung Electronics a annoncé un accord de 8 milliards de dollars pour racheter Harman International Industries Inc. Certains actionnaires de Harman devraient voter contre l'accord de rachat comme ils pensent que le prix n'est pas suffisamment élevé. Les officiels de Samsung s'inquiètent aussi que l'implication de Lee dans le scandale d’Etat ait un effet négatif sur cet accord.

«Comme le mandat d’arrêt contre le vice-président a été écarté, nous aurons une marge de manœuvre pour nous focaliser sur les autres questions», a noté un autre officiel de Samsung.

Lee Jae-yong quitte le centre de détention de Séoul, à Uiwang, le 19 janvier 2017.
Lee Jae-yong quitte le centre de détention de Séoul, à Uiwang, le 19 janvier 2017.

lsr@yna.co.kr

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