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2016/12/23 17:00 KST

Spécial Nouvel An : la Corée du Sud fera face à de nouveaux défis économiques en 2017

SEOUL, 23 déc. (Yonhap) -- L’année 2017 s’annonce houleuse pour l’économie sud-coréenne avec de nombreux défis attendus alors qu’elle a déjà traversé une année de turbulences aussi bien sur le plan national que mondial.

Les perspectives de l’économie mondiale sont loin d’être brillantes dans un contexte d’incertitudes croissantes à l’approche de l’inauguration de l’administration Donald Trump aux Etats-Unis et des futures négociations pour la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne.

Le redressement économique qui se dessine aux Etats-Unis et en Europe et l’augmentation des prix du pétrole seront contrebalancés par la poursuite du ralentissement de l’économie chinoise, le plus grand partenaire commercial de la Corée du Sud, en raison de la politique monétaire accommodante et du rééquilibrage structurel.

Après avoir relevé ses taux d’intérêt pour la première fois en près de dix ans plus tôt ce mois-ci, la Réserve fédérale américaine (Fed) a annoncé son plan de procéder à trois nouvelles augmentations l’année prochaine, accentuant les incertitudes sur les marchés financiers mondiaux.

Cette sombre prévision de l’économie mondiale pèse sur la quatrième économie d’Asie, fortement dépendante des exportations.

«(Le ralentissement de la croissance chinoise) continuera à mettre un frein à la croissance en Corée du Sud», a noté Moody’s Investors Service dans son dernier rapport. «Un rééquilibrage d’un point de pourcentage en Chine devrait supprimer 0,17 point de pourcentage de croissance du PIB coréen.»

ⓒ Yonhap News TV
ⓒ Yonhap News TV

De plus, les indicateurs économiques sur le plan national ne seront pas aussi prometteurs qu'ils ne l'étaient en 2016.

Cette année, les solides dépenses des ménages soutenues par les mesures incitatives du gouvernement et le boom du marché de l’immobilier ont contribué à la croissance économique annuelle estimée à 2,6%.

La consommation a progressé de 2,7% en glissement annuel pour l’ensemble de cette année et les investissements dans le secteur de la construction ont bondi de 10,7%, ce qui a permis de compenser la baisse de 6,3% des exportations et le repli de 3,7% des investissements dans les moyens de production.

L’Institut du développement coréen (KDI) a prévu que la quatrième économie d’Asie croîtrait de 2,4% l’an prochain, soit une forte révision à la baisse par rapport aux 2,7% initialement anticipés. «Les exportations afficheront une croissance limitée l’année prochaine sur fond de reprise modeste de l’économie mondiale et de ralentissement du commerce international alors que la demande locale se contractera progressivement suite à la baisse du revenu réel», a pronostiqué le KDI dans son dernier rapport.

L’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) a également revu à la baisse sa prévision de croissance pour l’économie sud-coréenne à 2,6% par rapport aux 3% avancés plus tôt en notant que «vu la dépendance de la Corée vis-à-vis de la croissance dirigée par le exportations, la reprise lente du commerce mondial est le plus grand risque pour réaliser une croissance de 3%.»

De même, le ministre des Finances Yoo Il-ho a fait allusion à une nouvelle révision de la prévision du gouvernement. «A cause des risques baissiers, il est difficile de maintenir l’hypothèse de 3% que le gouvernement a établie lors de la présentation du plan budgétaire pour l’année prochaine», a-t-il déclaré lors d’une séance de questions au gouvernement plus tôt cette semaine.

Le ministère dévoilera son objectif révisé de croissance 2017 jeudi prochain et la banque centrale le mois prochain.

Le gouvernement a fait part de son plan de dépenser 70% du budget de 400.000 milliards de wons (333,5 milliards de dollars) alloué pour l’an prochain au cours des six premiers mois dans le cadre des efforts visant à doper l’économie dès le début de l’année. Il envisage aussi d'élaborer un budget supplémentaire en cas de détérioration de la situation économique.

(Photo d'archives Yonhap)
(Photo d'archives Yonhap)

Cela dit, de nombreux experts craignent qu’une telle intervention budgétaire ne suffise pour booster l’économie locale comme la récente crise politique provoquée par la suspension des fonctions de la présidente Park Geun-hye pèse très lourd sur l’économie locale.

Le vide au sommet de l’Etat pourrait perdurer jusqu’à six mois comme la Cour constitutionnelle dispose de 180 jours pour déterminer le sort de Park et une élection présidentielle anticipée pourrait être organisée dans les 60 jours suivant la décision de la cour.

«Avec l’élection, la possibilité d’absence de nouvelles politiques importantes à appliquer jusqu’à la mise en place d’un successeur permanent est accrue», a analysé Moody’s.

«Cela pourrait peser sur la croissance du PIB comme les entreprises reportent leurs investissements et leurs prises de décision. Selon la durée et le résultat de la procédure de destitution, les activités économiques et les dépenses de consommation pourraient s’affaiblir», a ajouté Moody’s.

Face à ces défis, Kim Sung-tae, chercheur du KDI, a appelé les autorités budgétaires et monétaires à «joindre leurs efforts pour mettre en place une politique expansionniste dans le but de booster l'économie autant que possible».

(Photo d'archives Yonhap)
(Photo d'archives Yonhap)

lsr@yna.co.kr

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