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2016/12/23 17:00 KST

Spécial Nouvel An : les éventuels candidats à la présidentielle pourraient se lancer plus tôt que prévu

Bureau présidentiel Cheong Wa Dae

SEOUL, 23 déc. (Yonhap) -- Alors qu’une destitution de la présidente Park Geun-hye pourrait faire avancer la date de l'élection présidentielle de quelques mois, les éventuels candidats des partis au pouvoir et de l'opposition semblent s’activer pour élaborer des stratégies en vue de se préparer à l'élection présidentielle de 2017.

Tandis que les partis n'ont pas encore nommé leur candidat, il n'est pas impensable de voir plus de quatre candidats, avec le soutien des partis, chercher à briguer un mandat, en raison de la division au sein du parti au pouvoir, le Parti Saenuri.

La possible candidature du secrétaire général des Nations unies (ONU) Ban Ki-moon est également un facteur qui pourrait chambouler la course à la présidentielle à venir. Les autres figures qui pourraient se lancer dans la bataille incluent Moon Jae-in, ancien chef du Parti Minjoo de Corée, qui a perdu contre Park à l'élection présidentielle de 2012. Moon est toujours l’un des hommes politiques les plus appréciés parmi le électeurs à tendance libérale.

Le maire de la ville de Seongnam, Lee Jae-myung, l'ancien président du Parti du peuple Ahn Cheol-soo et le maire de la municipalité de Séoul Park Won-soon font également partie des éventuels candidats. Ces personnes ont passé un mois de décembre très dense en s'observant les uns les autres alors qu'il ne reste pas beaucoup de temps pour préparer leur campagne en cas de destitution de la chef de l'Etat.

L'Assemblée nationale a voté plus tôt ce mois-ci une motion de destitution contre Park en raison du scandale qui secoue le pays depuis deux mois. Selon la loi, la Cour constitutionnelle doit prendre une décision finale dans les 180 jours. Si la Cour maintient la motion de destitution, le pays devra tenir une élection présidentielle dans les 60 jours qui suivront.

Des observateurs disent que l'élection aura lieu en avril au plus tôt. «Alors qu'il n'y a pas beaucoup de temps, les éventuels candidats doivent bouger rapidement», a déclaré Yoon Tae-gon, un analyste politique du think tank Moa à l'agence de presse Yonhap.

Yoon a prédit que la Cour constitutionnelle approuvera la destitution, en ajoutant qu'une décision qui permettrait à la présidente de continuer son mandat jusqu'au mois de février 2018 pourrait entraîner une forte protestation de la part du peuple.

A l'heure actuelle, les partis d'opposition semblent avoir pris l'avantage. Les principaux partis d'opposition, le Parti Minjoo de Corée et le parti du Peuple, comptent beaucoup de prétendants qui ont exprimé des ambitions présidentielles et peuvent obtenir un soutien notable.

En revanche, le bloc conservateur souffre d'une pénurie de candidats ayant le charisme suffisant pour redorer le blason de leur parti suite au scandale d’Etat. De plus, la querelle interne du Saenuri posera de nouveaux défis.

Le groupe composé des députés non alignés avec la présidente Park Geun-hye et protestant contre les «pro-Park» ont dit qu'au moins 35 membres quitteraient le parti d'ici à la fin de l'année, ce qui permettrait de former un groupe de négociation à l'Assemblée nationale. Au moins 20 sièges sont nécessaires pour pouvoir établir un groupe.

Des observateurs politiques ont indiqué que le nombre pourrait être atteint sans difficulté et certains prédisent qu'il pourrait même dépasser les 40 pour devenir le troisième plus grand parti au Parlement, devant le Parti du peuple qui compte 38 sièges.

Un sondage récent effectué par Realmeter a montré que Moon a enregistré une cote de popularité de 22,2% cette semaine, tandis que celle du maire de Seongnam s'est élevée à 11,9%. Ban, qui ne devrait pas participer à l'élection présidentielle en tant que candidat du Saenuri, a bénéficié d’une cote de popularité de 23,1%, tandis qu'Ahn a enregistré 8,6%.

Le sondage a été effectué auprès de 1.519 Sud-Coréens cette semaine dont la marge d'erreur est de 2,5 points de pourcentage.

Par contre, les membres du Saenuri sont presque en bas dans les sondages. Lors du sondage de la semaine dernière, Oh Se-hoon, ancien maire de la ville de Séoul, et Yoo Seong-min, député non aligné avec Park, ont affiché 2,9% et 2,2%, respectivement. La cote de popularité du gouverneur de la province du Gyeongsang du Sud, Hong Joon-pyo, a atteint 1,1%.

Dans ce contexte défavorable, certains hommes politiques conservateurs, en particulier les députés «pro-Park», disent que le président par intérim et le Premier ministre Hwang Kyo-ahn pourrait être une option, en citant son expérience dans le domaine politique.

De nombreuses personnes du bloc conservateur, cependant, ont dit avoir un penchant pour le secrétaire général de l'ONU sortant, qui rentrera en Corée du Sud le mois prochain. Bien qu'il ait été ministre des Affaires étrangères sous l'administration libérale Roh Moo-hyun, Ban est respecté par une partie de l’électorat conservateur.

L'ancien chef du Parti Minjoo de Corée Moon Jae-in
L'ancien chef du Parti Minjoo de Corée Moon Jae-in

Tandis que les conservateurs souffrent d'une pénurie de candidats, les partis d'opposition cherchent quant à eux à trier les candidats, même si Moon est en tête. En particulier, les figures clés ont commencé à prendre leurs distances vis-à-vis de Moon.

L'ancien leader du principal parti d'opposition Sohn Hak-kyu a critiqué le leadership de Moon en le qualifiant de «hégémonique». Le maire de Séoul, Park Won-soon, qui a été dépassé par le maire de Seongnam, a revendiqué que tous les candidats doivent avoir la possibilité de se livrer à une bataille ouverte, en ajoutant qu'un unique candidat dominant empêchera l'émergence de nouveaux candidats.

Le maire de la ville de Seongnam a également été fortement critiqué car il chercherait à établir une union «anti-Moon». Il a rejeté cette accusation. Le député du Parti du peuple Park Jie-won a déclaré récemment que Moon a violé l'Etat de droit après avoir dit qu'il y aurait une révolution si la Cour constitutionnelle rejette la destitution de Park.

Le Parti du peuple cherche à être entre les factions du conservatisme et de l'opposition, alors que la cote de popularité d'Ahn est en baisse. Le parti a également cherché à recruter Sohn.

«Clairement, plus de deux candidats majeurs se feront concurrence dans le bloc de l'opposition lors de l'élection à venir», a indiqué Yoon. «Bien que Moon ait pris la tête, on ne peut pas dire qu'il domine le jeu.» Dans un sondage séparé effectué la semaine dernière, Moon a affiché une cote de popularité de 31%, devant Ban et Ahn à 23,6% et 13,7%, respectivement.

Moon et Ban ont obtenu 46,8% et 35,5% lors d'une course bilatérale hypothétique, dans laquelle ils sont candidats pour le Minjoo et le Saenuri, respectivement. Ban et Ahn devrait afficher 36,8% et 35% respectivement, dans cette élection hypothétique.

Yoon a indiqué que l'affaiblissement du bloc conservateur abaissera la probabilité de voir l'opposition chercher un seul candidat. «Etablir une solidarité est seulement possible quand il y a un ennemi mutuel. Par exemple, Bernie Sanders et Hillary Clinton aux Etats-Unis ont convenu de s’unir pour se battre contre Donald Trump», a dit Yoon.

«Les candidats "pro-Park", ou même Ban, ne pourront pas être suffisamment forts pour inciter les partis d'opposition à s’unir.»

Néanmoins, les éventuels candidats des partis d'opposition se sont abstenus jusqu’à présent de discuter ouvertement de l'élection avant la décision de la Cour constitutionnelle. «Ce n'est pas le moment de discuter de l'élection et des programmes liés», a indiqué un officiel du Minjoo. «Nous devons éviter de donner l'impression que le bloc de l'opposition cherche la destitution pour remporter l'élection présidentielle.»

Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon

rainmaker0220@yna.co.kr

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