SNS Share
Article View Option

2016/12/23 17:00 KST

Spécial Nouvel An : la Corée du Nord devrait glorifier davantage son dirigeant avec des provocations plus fortes en 2017

SEOUL, 23 déc. (Yonhap) -- La Corée du Nord pourrait faire de l’année 2017 le point culminant du culte de la personnalité voué à Kim Jong-un en procédant à des provocations plus fortes autour des grandes dates du régime nord-coréen, ont prédit ce vendredi des experts.

Cette année, le dirigeant nord-coréen a consolidé son emprise sur le régime en organisant deux grands événements perçus par un grand nombre d'analystes comme un couronnement, le 7e Congrès du Parti du travail de Corée en mai et une réunion de l'Assemblée populaire suprême (APS) en juin.

Kim est arrivé au pouvoir à la fin de 2011 après la mort subite de son père Kim Jong-il qui a régné sur le pays communiste pendant près de 20 ans.

Le dirigeant actuel a été élu président du Parti du travail lors du Congrès du Parti et président de la Commission des affaires de l’Etat, organe nouvellement créé lors du rassemblement du Parlement nord-coréen.

Kim Jong-un lors du 7e Congrès du Parti du travail (KCNA=Yonhap) (Utilisation en Corée du Sud uniquement et redistribution interdite)
Kim Jong-un lors du 7e Congrès du Parti du travail (KCNA=Yonhap) (Utilisation en Corée du Sud uniquement et redistribution interdite)

L’année prochaine, auront lieu en Corée du Nord de nombreux anniversaires qui mettront en lumière les trois générations régnantes de la famille Kim, avec à sa tête le défunt fondateur Kim Il-sung.

«En 2017, la Corée du Nord devrait renforcer le culte de la personnalité pour l’actuel dirigeant. Il est possible que des portraits de lui soient accrochés dans des lieux publics», a déclaré Cheong Seong-chang, chercheur de l’institut Sejong.

En octobre, les médias nord-coréens ont fait savoir que le pays entamerait l’année prochaine avec la célébration de l’anniversaire du dirigeant actuel en janvier et divers événements politiques et culturels tout au long de l’année.

«Les médias de la Corée du Nord ont évoqué son anniversaire pour la première fois. Pyongyang pourrait désigner son anniversaire qui tombe le 8 janvier comme un jour férié comme il l’a fait pour les anniversaires de son père et de son grand-père», a indiqué Cheong.

Parmi les autres jours commémoratifs figurent le 105e anniversaire du défunt fondateur le 15 avril et le 75e anniversaire de Kim Jong-il le 16 février.

La Corée du Nord projette aussi d’organiser des événements internationaux en août prochain pour louer les accomplissements des trois Kim au mont «sacré» Paekdu et dans sa capitale.

Pour couronner tous ces événements, la Corée du Nord pourrait effectuer un sixième essai nucléaire ou un lancement de fusée à longue portée au cours de la première moitié de l’année prochaine dans le but d'exhiber ses prouesses militaires et de renforcer sa solidarité interne.

Un rapport dressé par l’Institut Asan pour les études politiques a noté que le pays communiste reclus pourrait procéder à un essai de bombe nucléaire plus puissante ou montrer un missile balistique plus sophistiqué pour aller au-delà de toutes les précédentes provocations.

Il a évoqué la possibilité d’un test de détonation nucléaire à haute altitude ou d’un lancement de missile balistique utilisant des technologies de rentrée atmosphérique.

«La Corée du Nord pourrait procéder à de telles provocations avant l’investiture du président américain élu Donald Trump le 20 janvier», a-t-il prévu. «Ces éventuels actes du Nord pourraient mettre en lumière l’échec de la politique de patience stratégique du président Barack Obama, tout en agaçant la nouvelle administration Trump.»

Pyongyang a effectué deux essais nucléaires rien que cette année après ceux de 2006, 2009 et 2013. Il a également tiré plus de 20 missiles balistiques dont des missiles de portée intermédiaire Musudan et missiles mer-sol balistiques stratégiques (MSBS). Il serait en train de développer un missile balistique intercontinental doté d’une tête nucléaire et capable d’atteindre le continent américain.

«Si la Corée du Nord procède à des actes de provocation, l’administration Trump fera certainement pression sur Pyongyang et recourra à une diplomatie coercitive comprenant des options militaires», a fait remarquer l’Institut pour la stratégie de sécurité nationale (INSS) dans un rapport. «Un blocage tendu entre Washington et Pyongyang pourrait entraîner une autre crise nucléaire sur la péninsule coréenne.»

Ken Gause, analyste de CNA Corp. basé aux Etats-Unis, a quant à lui noté que le Nord aurait beaucoup à perdre s’il procède à de nouvelles provocations à l’approche de l’investiture de Trump.

«C’est pourquoi, la Corée du Nord pourrait s’abstenir d’effectuer des provocations pour l’instant», a-t-il estimé. «Mais, si Séoul et Washington montrent clairement que leur politique ne changera pas sous les nouvelles administrations, le calcul de Pyongyang pourrait alors changer comme il n’a rien à perdre non plus.»

Cheong a de son côté prévu que le dirigeant nord-coréen pourrait prononcer un message de réconciliation avec le Sud dans son discours du Nouvel An. «La Corée du Nord pourrait ouvrir la porte au dialogue intercoréen en tenant compte de la course présidentielle sud-coréenne», a-t-il noté. «Dans un message du Nouvel An, Kim pourrait exprimer son ouverture au dialogue avec toute personne ayant un intérêt pour l’amélioration des relations intercoréennes.»

lsr@yna.co.kr

(FIN)