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2016/12/16 18:00 KST

Bilan 2016 : sur fond de menace nord-coréenne grandissante, Séoul renforce sa coopération avec Washington et Tokyo

SEOUL, 16 déc. (Yonhap) -- Les menaces militaires grandissantes de la Corée du Nord ont atteint un niveau inquiétant en 2016 avec les deux essais nucléaires et une série de tirs d’essais de missiles balistiques, conduisant la Corée du Sud à renforcer la coopération dans le domaine de la sécurité avec les Etats-Unis et le Japon.

Faisant fi des mises en garde de la communauté internationale, le Nord a continué à procéder à des tests nucléaires et balistiques, entraînant le durcissement des sanctions internationales.

En novembre, le Conseil de sécurité des Nations unies a adopté une nouvelle série de sanctions en réponse à l’essai nucléaire du 9 septembre, instaurant un plafond aux exportations de charbon de Pyongyang, une de ses principales sources de devises étrangères. Comme c’était le cas pour les précédentes mesures punitives, la coopération de Pékin est la clé de la mise en œuvre de la nouvelle résolution.

Pyongyang a effectué deux essais nucléaires rien que cette année, sans parler des tirs de plus de 20 missiles, dont des missiles mer-sol balistique stratégique (MSBS) et des missiles balistiques de portée intermédiaire Musudan capables d’atteindre le territoire américain de Guam.

Cette photo prise par l'Agence centrale de presse nord-coréenne (KCNA) le 25 août 2016 montre un missile balistique tiré depuis un sous-marin en Corée du Nord.  (Utilisation en Corée du Sud uniquement et redistribution interdite) (Photo d'archives Yonhap)
Cette photo prise par l'Agence centrale de presse nord-coréenne (KCNA) le 25 août 2016 montre un missile balistique tiré depuis un sous-marin en Corée du Nord. (Utilisation en Corée du Sud uniquement et redistribution interdite) (Photo d'archives Yonhap)

Son quatrième essai nucléaire de janvier a impliqué une bombe à hydrogène qui est beaucoup plus puissante que les armes atomiques conventionnelles. Après son cinquième et plus puissant test de septembre, le régime communiste a prétendu avoir standardisé le design d’une ogive nucléaire suffisamment petite pour être montée sur un missile.

Notamment, le lancement d'une fusée à longue portée, qui est normalement interdit par les résolutions onusiennes, et son entrée en orbite en février ont clairement montré que la Corée du Nord a réalisé des progrès dans le développement d’un missile à longue portée équipé d’une tête nucléaire qui pourrait frapper la côte ouest du continent américain, ont noté des experts du domaine de la sécurité.

Pour faire face à ces défis inextricables, Séoul a convenu avec les Etats-Unis en juillet de déployer sur son sol le système de défense antimissile à haute altitude américain THAAD (Terminal High Altitude Area Defense), d’ici 2017.

Comme la menace militaire nord-coréenne ne cesse de s’accroître, les deux alliés ont par la suite décidé d’avancer le déploiement du THAAD de quelques mois.

En novembre, le commandant des Forces américaines en Corée du Sud (USFK) Vincent Brooks a déclaré qu’une batterie THAAD «viendra dans les prochains huit à 10 mois» malgré l’opposition de la Chine. La semaine dernière, il a confirmé ce plan en disant «je ne prévois aucun retard» dans la venue du THAAD.

La Chine a appelé les alliés à annuler ce plan, affirmant que le THAAD, notamment son radar à bande X, porte atteinte à ses intérêts dans le domaine de la sécurité, bien que Washington tente de rassurer Pékin en soulignant que le système est uniquement destiné à se défendre du Nord.

Séoul est allé encore plus loin en signant avec Tokyo l’Accord de sécurité générale d’informations militaires (GSOMIA). Il s’agit du premier accord militaire que les deux pays voisins ont conclu depuis la libération de la Corée du Sud du joug colonial japonais (1910-1945).

Cet accord est destiné à accroître les échanges de renseignements dans le but de mieux faire face aux menaces nord-coréennes.

Il a toutefois provoqué une forte opposition de certains politiques et groupes civiques sud-coréens, selon lesquels le Japon cherche à accroître son rôle militaire à l’étranger sans présenter d’excuses sincères pour ses atrocités commises par le passé.

La Chine a également critiqué cet accord, avançant qu'il pourrait intensifier les inquiétudes en Asie du Nord-Est. Séoul a signé des accords similaires avec 32 pays et a proposé à la Chine de conclure un tel pacte mais Pékin n’a pas encore répondu à cette proposition.

«Comme la Chine voit ces deux grandes décisions de Séoul s’inscrire dans le cadre des efforts de renforcement du partenariat militaire avec Tokyo et Washington, il sera plus difficile pour Séoul d’obtenir la coopération de Pékin pour résoudre la question nucléaire nord-coréenne», a estimé Kim Dong-yeob, professeur de l’université Kyungnam.

Le ministre de la Défense Han Min-koo (à droite) et l'ambassadeur du Japon en Corée du Sud Yasumasa Nagamine signent le GSOMIA au ministère de la Défense à Séoul (Photo d'archives Yonhap)
Le ministre de la Défense Han Min-koo (à droite) et l'ambassadeur du Japon en Corée du Sud Yasumasa Nagamine signent le GSOMIA au ministère de la Défense à Séoul (Photo d'archives Yonhap)

De surcroît, les propos tenus par le président américain élu Donald Trump au cours de sa campagne électorale inquiètent Séoul. Trump a déclaré que la Corée du Sud devait contribuer davantage au coût de stationnement des 28.500 soldats américains dans le pays et est allé jusqu’à menacer de les retirer le cas contraire.

Ses promesses électorales ont déclenché en Corée du Sud un appel à l’armement nucléaire du pays à des fins d'autodéfense.

Au lieu d’envisager cette option, l’armée projette d’avancer le projet de déploiement d’une panoplie d’armes de quelques années pour accroître sa capacité de défense.

En vertu d’un système de défense triadique, la Corée du Sud a pour but de détecter les missiles nord-coréens entrant et à lancer des contre-attaques sur les principales installations du régime communiste. Le système englobe les systèmes Kill Chain, KAMD (Korea Air and Missile Defense) et KMPR (Korea Massive Punishment & Retaliation).

Le Kill Chain et le KAMA visent à détecter et détruire les missiles arrivant en un court laps de temps. Le KMPR est conçu pour lancer des attaques contre le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un et le quartier général de l’armée nord-coréenne en cas de signes d’utilisation imminente d’armes nucléaires.

Tout en s’efforçant de mettre en place comme prévu ses projets concernant le THAAD, le GSOMIA et le KMPR, l’armée sud-coréenne doit concentrer tous ses efforts sur la détection de tout mouvement de l’armée nord-coréenne pour se défendre, ont noté des officiels du ministère de la Défense.

«La Corée du Nord pourrait intensifier la tension militaire pour aggraver la crise politique au Sud et sonder la nouvelle administration américaine, comme Pyongyang ne connaît que très peu sa politique vis-à-vis de son régime», a remarqué le ministre de la Défense.

lsr@yna.co.kr

(FIN)