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2016/12/09 16:46 KST

(FOCUS) L’effondrement de 18 ans de carrière politique de Park

La présidente Park lors de la cérémonie d'investiture en février 2013 (Photo d'archives)
Cérémonie d'investiture

La présidente Park lors de la cérémonie d'investiture en février 2013 (Photo d'archives)

SEOUL, 09 déc. (Yonhap) -- Le chiffre 18 semble avoir un sens particulier pour la présidente Park Geun-hye puisqu’elle est le 18e président de la République de Corée et a vécu pendant 18 ans loin de la scène publique après l’assassinat de son père, Park Chung-hee, le 26 octobre 1979 jusqu’à son élection en tant que députée du parti conservateur de l’époque en 1998 dans la circonscription de Dalseong à Daegu.

A la suite de l’adoption de la motion de destitution par le Parlement aujourd’hui, la présidente Park Geun-hye a été suspendue de sa fonction de chef d’Etat et ses 18 ans de carrière politique se terminent 46 jours après l’éclatement du scandale Choi Soon-sil, sa proche confidente de 40 ans, impliquée dans les affaires de trafic d’influence et de corruption entre autres.

La présidente Park Geun-hye lors du premier anniversaire de son mandat présidentiel en 2014 (Photo d'archives)
Après un an de mandat de la présidente Park

La présidente Park Geun-hye lors du premier anniversaire de son mandat présidentiel en 2014 (Photo d'archives)

▲ Fin de carrière politique

Suite à la décision de destitution du Parlement avec 234 votes pour et 56 contre sur les 300 députés au total, les dégâts subis par la présidente Park Geun-hye sur le plan politique sont incurables et le résultat du vote démontre bien la volonté du peuple pour un retrait de la présidente même s’il y a un dernier recours à la Cour constitutionnelle, qui peut encore rejeter cette motion de destitution.

Dans sa troisième allocution adressée au peuple le 29 novembre dernier, la présidente Park a plaidé son innocence dans les affaires liées à Choi Soon-sil en disant que «mon parcours politique de 18 ans avec le peuple a été un moment précieux et gracieux». «Je me suis dévouée pour le peuple et la nation depuis le début de ma carrière politique, de l’investiture de la présidence jusqu’à aujourd’hui.»

Mais le public a répondu par une manifestation massive anti-Park avec la mobilisation de 2,32 millions de manifestants dans tout le pays le samedi 3 décembre pour réclamer la descente immédiate du pouvoir ou la destitution par le Parlement. En parallèle à cet appel de la rue, les trois partis politiques de l’opposition avaient conjointement déposé la motion de destitution dans la nuit du 2 au 3 décembre à l’Assemblée nationale pour le vote de ce vendredi, qui nécessitait deux tiers des votes pour être adoptée.

Avec la suspension de sa fonction de présidente, le Premier ministre Hwang Kyo-ahn jouera le rôle intérimaire de chef d’Etat à partir de ce soir et la Cour constitutionnelle lancera un examen de cette motion durant 180 jours au plus pour prendre la décision finale. Mais d’ores et déjà, les voix de l’opposition réclament la démission immédiate de la présidente mais cette dernière souhaite suivre la procédure d’examen à la Cour constitutionnelle.

Park Geun-hye, la chef du parti conservateur, dirige une réunion sous une tente lorsque son parti a abandonné son siège pour loger dans des tentes en signe de renouvellement du parti en mars 2004 (Photo d'archives)
Parti conservateur sous la tente

Park Geun-hye, la chef du parti conservateur, dirige une réunion sous une tente lorsque son parti a abandonné son siège pour loger dans des tentes en signe de renouvellement du parti en mars 2004 (Photo d'archives)

▲ 18 ans fille de président, 18 ans de silence, 18 ans de politique

Park Geun-hye a passé sa jeunesse en tant que fille de chef d’Etat à partir de 1961, l’année où son père, Park Chung-hee, général deux étoiles de l’armée de terre à l’époque, a fait un coup d’Etat le 16 mai, jusqu’à l’assassinat de son père en 1979, soit une période de 18 ans.

En 1974, elle a perdu sa mère dans un assassinat lors d’une cérémonie du jour de la Libération, le 15 août, quand elle était en formation linguistique à Grenoble, en France. Elle a ensuite assumé le rôle de Première dame jusqu’en 1979. Après l’assassinat de son père, elle a disparu de la scène officielle pendant 18 ans avant de se présenter aux élections législatives de 1998.

A l’époque où elle est entrée dans le milieu politique, le parti conservateur était dans l’opposition sous l’administration Kim Dae-jung (1998-2003) alors qu’en mars 2004, juste après l’échec de la motion de destitution du président de l’époque Roh Moo-hyun (2003-2008), lancé par l’opposition, Park Geun-hye a pris en charge la restauration de son parti en danger par les opinions publiques défavorables à la destitution de Roh et par des affaires de corruption.

A la tête du parti conservateur, elle a su sauver son parti, en se mettant sous une tente, en abandonnant le siège du parti avec la promesse d’un renouvellement du parti conservateur, et elle a gagné son pari aux élections législatives de l’année 2004 où son parti a pu sauvegarder 121 sièges sur 273.

Une manifestation anti-Park sur la place de Gwanghwamun en décembre 2016 (Photo d'archives)
Manifestation anti-Park

Une manifestation anti-Park sur la place de Gwanghwamun en décembre 2016 (Photo d'archives)

Elue cinq fois à l’Assemblée nationale durant les 18 ans, elle est connue pour être la «reine des élections», en recueillant des voix auprès des conservateurs et des gens âgés avec une image de Première dame ainsi qu’un soutien de sa région natale, Daegu, et du Gyeongsang du Nord, le fief du parti conservateur. Elle a été candidate à l’élection présidentielle de 2007 mais a perdu la bataille contre Lee Myung-bak qui est devenu le 17e président du pays.

En 2012, Park Geun-hye a battu son adversaire Moon Jae-in, devenant ainsi le 18e président de la République de Corée mais, à la quatrième année de son mandat, la chaîne de télévision par câble JTBC a divulgué le 24 octobre dernier une tablette de Choi Soon-sil contenant des documents présidentiels et des textes de discours présidentiels.

La présidente Park a donné des excuses devant le public notamment pour la consultation d’une personne non officielle pour les textes de ses discours. Alors aujourd’hui, la motion de destitution a été adoptée par le Parlement, mettant fin à 18 ans de carrière politique.

La présidente Park présente des excuses devant le public en octobre 2016 (Photo d'archives)
Excuses de la présidente

La présidente Park présente des excuses devant le public en octobre 2016 (Photo d'archives)

jhoh@yna.co.kr

(FIN)