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2016/10/18 16:53 KST

«Un temps fort» des échanges universitaires franco-coréens : bilan

L'affiche du salon «Etudier en France», organisé par l'Espace CampusFrance Séoul, rattaché à l'ambassade de France en Corée, tenu le 16 octobre 2016 à l'hôtel Novotel Ambassador Gangnam, à Séoul
Salon d'études en France

L'affiche du salon «Etudier en France», organisé par l'Espace CampusFrance Séoul, rattaché à l'ambassade de France en Corée, tenu le 16 octobre 2016 à l'hôtel Novotel Ambassador Gangnam, à Séoul

SEOUL, 18 oct. (Yonhap) -- A l’approche de la fin de l’année de la France en Corée du Sud, des évènements d’échanges académiques et scientifiques ont été intensivement organisés durant le week-end dernier et ce lundi à Séoul par l’ambassade de France en Corée pour fêter le 130e anniversaire des relations diplomatiques entre les deux pays (1886).

Dans le cadre du plan d’actions conclu entre les deux chefs d’Etat en novembre 2015 lors de la visite du président français François Hollande en Corée du Sud, inclus dans le partenariat global entre la France et la Corée, la priorité a été accordée au développement de la coopération universitaire, scientifique et technologique.

Trois évènements de taille ont marqué les deux jours passés. Un salon d’études intitulé «Etudier en France», le lancement dimanche d’un réseau sud-coréen d’anciens élèves qui ont fait des études en France «France Alumni Corée» et, hier, un rassemblement d’universitaires, de scientifiques et de chercheurs pour discuter des perspectives de coopération bilatérale à l’avenir.

Ces évènements intensifs prouvent la volonté ferme des deux pays en faveur d’un accroissement des échanges académiques, estudiantins et scientifiques dans les deux sens et ces efforts bilatéraux attendent tout de même des résultats concrets et solides sur les plans qualitatif et quantitatif dans un contexte d’incertitudes économiques et de diminution de la population jeune.

Des participants au salon «Etudier en France» à Séoul du 16 octobre 2016
Nombreux visiteurs

Des participants au salon «Etudier en France» à Séoul du 16 octobre 2016

▲ Salon «Etudier en France» et «France Alumni Corée»

Le salon d’études en France à Séoul à l’hôtel Novotel Ambassador Gangnam, dimanche dernier, organisé par l’Espace CampusFrance Séoul, a attiré presque 2.000 personnes tout au long de la journée, des élèves, des jeunes diplômés ou encore des parents d’élèves.

Ce salon intitulé «Etudier en France» s’est déroulé avec la présence de 42 établissements d’enseignement supérieur de la France dont 7 universités, 17 écoles de commerce, 5 écoles d’ingénieurs, 6 écoles d’art et 7 écoles spécialisées et instituts de langue française. Cette concentration d’établissements français était une première en Corée du Sud.

Durant la journée du salon, 6 séminaires se sont déroulés en parallèle à des consultations sur place. La salle réservée aux séances d’information a vu venir une centaine de participants à chaque session de 30-40 minutes. Certains participants ont été même obligés d’être assis par terre par manque de place pour entendre des explications sur le système d’enseignement supérieur dans différentes disciplines.

Le lancement du réseau sud-coréen d’anciens élèves qui ont fait leurs études en France «France Alumni Corée» a été un autre moment fort avec une réception donnée le soir qui a vu la présence de plus de 200 Coréens et Français. Ce réseau a été lancé en novembre 2014 à l’échelle internationale avec une plate-forme numérique (www.francealumni.fr) et le réseau sud-coréen a vu le jour le 16 octobre 2016.

Un rassemblement d'universitaires, scientifiques et chercheurs franco-coréens dans le cadre de l'année de la France en Corée 2016 à l'hôtel Shilla, le 17 octobre 2016
Rencontres franco-coréennes

Un rassemblement d'universitaires, scientifiques et chercheurs franco-coréens dans le cadre de l'année de la France en Corée 2016 à l'hôtel Shilla, le 17 octobre 2016

▲ Mobilité estudiantine croissante dans les deux sens

Le nombre d’étudiants sud-coréens en France s’élève à 6.500, le troisième plus grand nombre parmi les étudiants asiatiques en France, d’après des données publiée par CampusFrance, une structure de promotion de l’enseignement supérieur du gouvernement français.

Dans le sens inverse, le nombre d’étudiants français s’élève à 1.072 pour l’année 2015 alors que le total d’étudiants étrangers dépasse les 100.000. Ce nombre du contingent français en Corée n’était que de 213 en 2008, d’après l’estimation du ministère français de l’Education nationale. Parmi les étudiants étrangers en Corée du Sud, le nombre des inscrits dans un cursus diplômant s’élève à 60,5% (63.104), les Chinois étant les plus nombreux avec 38.958 (61,7%).

Pour l’année scolaire 2013-2014, la proportion des Sud-Coréens inscrits dans les universités françaises était de 1.785 (65,7%) et 90 (3,3%) en écoles de commerce pour un total de 2.715 étudiants sud-coréens en France durant cette période. Tout de même, la majorité de la population estudiantine sud-coréenne en France, estimée à 6.500 est inscrit dans les instituts de langue française ou dans les autres filières ne débouchant pas sur un diplôme, dont des formations professionnelles.

Quant au nombre de visas «études» délivrés aux Sud-Coréens, il est en hausse constante depuis 2008 (1.754) et le nombre a atteint 2.343 en 2012, marquant une évolution de 33,6% en quatre ans, selon les données du ministère français de l’Intérieur. Les chiffres des trois dernières années sont également en hausse, d’après les estimations.

Des participants au salon «Etudier en France» dans une salle de séminaire, le 16 octobre 2016.
Salle de séminaire bondée

Des participants au salon «Etudier en France» dans une salle de séminaire, le 16 octobre 2016.

▲ L’apprentissage du coréen et du français

Le nombre d’apprentis de la langue coréenne en France a vu une explosion depuis quelques années grâce au succès de la vague de la culture pop coréenne, la hallyu, dans les établissements supérieurs français, notamment dans les sections d’études coréennes de l’Institut national des langues et civilisations orientales (INALCO) et de l’université Paris Diderot (Paris 7).

D’ailleurs, l’Institut Sejong, une structure d’enseignement de la langue coréenne à l’étranger, s’est installé sur trois sites en France, à La Rochelle et dans les 11e et 16e arrondissements de Paris.

Dans le sens inverse, le nombre de lycées en Corée du Sud qui enseignaient la langue française s’élevait à 130 établissements sur un total de 2.344 en 2015 et 54 unités de formation sur 329 établissements d’enseignement supérieur offraient de tels cours, d’après les données publiées par le ministère de l’Education. L’apprentissage de la langue française a subi une forte chute au niveau secondaire dans les années 90 et il y a eu une stabilité durant ces quelques années passées.

Au niveau du supérieur, l’enseignement de la langue et la littérature françaises dans les universités a subi une forte dégringolade avec la fermeture de plusieurs départements de langue française ou la fusion avec d’autres langes européennes depuis plusieurs années alors que cette tendance devrait tout de même être atténuée dans les années à venir, mais avec la diminution de la population jeune, une baisse graduelle du nombre sera inévitable en Corée du Sud.

Paix en coréen au Champ-de-Mars
Paix en coréen au Champ-de-Mars

▲ Bilan et perspectives

Les relations entre les deux pays en matière d’échanges académiques et scientifiques et entre les étudiants ont été marquées par plusieurs résultats concrets depuis quelques années, notamment le lancement de la construction de la Maison de la Corée à la Cité internationale universitaire de Paris, lors de la visite d’Etat de la présidente Park Geun-hye en France, et l’adoption de la langue coréenne comme 1ère ou 2e langue vivante au baccalauréat français.

Il est à noter aussi que quelque 450 accords interuniversitaires sont actuellement appliqués pour la mobilité dans le cadre de programmes d’échanges pour étudiants et chercheurs, comme le programme STAR et le Partenariat Hubert Curien (PHC) franco-coréen qui facilite les coopérations scientifiques et technologiques dans les divers domaines.

Sur le plan de la mobilité, la tendance ascendante des étudiants coréens vers la France sera maintenue dans les années à venir ainsi que dans le sens inverse, mais la conjoncture économique défavorable et la diminution de la population de jeunes entrant dans l’enseignement supérieur seront un facteur négatif pour le futur de cette mobilité bilatérale.

En Corée du Sud, le nombre de lycéens s’élève à 2,673 millions en 2016 alors qu’il était de 3,3 millions en 2010. Le ministère de l’Education prévoit une diminution de 12.767 places dans les 329 universités jusqu’en 2018, dont 72,9% des établissements dans les régions. Cela signifierait également une diminution de la mobilité internationale en parallèle à la mauvaise conjoncture économique et des difficultés pour décrocher un emploi pour les jeunes.

Tout de même, les deux pays souhaitent étendre la mobilité à la vue du nombre peu volumineux et la ministre française de l’Education nationale, Najat Vallaud-Belkacem, veut étendre le nombre d’étudiants coréens en France jusqu’à 10.000 avec 3.000 Français en Corée à l’horizon de 2020.

A la vue de ces très bonnes relations bilatérales et des nombreux évènements, l’avenir des coopérations académiques, scientifiques et technologiques est assez prometteur même s’il faudra réfléchir de l’autre côté aux conséquences des effets qui viendront de l’extérieur et calculer les résultats qualitatifs au lieu de trop voir la quantité, d’après plusieurs acteurs du domaine.

L'Espace CampusFrance Séoul de l'ambassade de France en Corée du Sud a organisé le 16 octobre 2016 un salon d'études en France à l'hôtel Novotel Ambassador Gangnam à Séoul (Espace CampusFrance Séoul=Yonhap)
Salon d'études en France à Séoul

L'Espace CampusFrance Séoul de l'ambassade de France en Corée du Sud a organisé le 16 octobre 2016 un salon d'études en France à l'hôtel Novotel Ambassador Gangnam à Séoul (Espace CampusFrance Séoul=Yonhap)

Oh Jeong-hun

(FIN)