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2011/09/08 17:02 KST
«My Way», rétrospective d’Othoniel: lancement mondial au musée Plateau à Séoul


SEOUL, 08 sept. (Yonhap) -- L’artiste contemporain français Jean-Michel Othoniel, connu pour sa réalisation de «Kiosque des noctambules (2000)» à l’entrée du métro Palais royal-Musée du Louvre à Paris, a mis le cap sur Séoul pour la première exposition à l’étranger de sa rétrospective «My Way» au Musée d’art Samsung Plateau.

  
Grâce à une collaboration entre le Centre George Pompidou et le Musée d’art Samsung, Leeum, la tournée mondiale de la rétrospective d’Othoniel a débuté à Séoul ce mardi à la galerie Plateau, située près de la porte Sud de la ville, Namdaemun. L’exposition, qui a débuté hier se poursuivra jusqu’au 27 novembre avec 60 œuvres qui retrace le début de la carrière artistique d’Othoniel jusqu’à aujourd’hui. Lagrimas (2002), Fondation Louis Vuitton
Lors de la présentation aux médias, la directrice adjointe du Musée Leeum, Hong Ra-young, a expliqué que «l’organisation de cette exposition a été initiée avec le Centre Pompidou à Paris et c’est la première sortie à l’étranger de la rétrospective de Jean-Michel Othoniel». «La consolation et la beauté sont à saisir dans le style présenté dans les œuvres d’Othoniel. Par ailleurs, le pavillon de verre du Plateau s’harmonisera bien avec les œuvres qui donneront plus d’ambiance onirique dans l’espace d’exposition.»

L’entrée du Musée d'art Samsung Plateau offre un grand espace lumineux quand on pénètre dans la verrière et cette salle qui offre une grande luminosité accueille le «Grand double nœud de Lacan (2011)», juste devant «La porte d’entrée de l’enfer» de Rodin. D’après les explications de l’artiste lui-même citant Louise Bourgeois, «j’ai été en enfer et j’en suis revenue et laissez-moi vous dire que c’était magnifique» en avançant pour sa propre interprétation, «la porte d’entrée de l’enfer est ici et c’est également la porte d’entrée de mon exposition».

  
Les substances fragiles ou facilement déformables ont été largement utilisées pour la réalisation de ses œuvres, comme le sulfure, le phosphate, le verre ou encore la cire tout au long de sa carrière artiste, qui peuvent servir effectivement à représenter la douleur et la cicatrice que l’artiste porte dans sa profondeur de l’âme, selon les explications de la commiassaire chargée de l’exposition, Ahn So-yeon.

  
En somme, la présentation de la rétrospective commence par une petite photo intitulée «L’autoportrait en habit de prêtre (4,6x6,7cm, 1986)», l’une des premières activités artistiques d’Othoniel, une image expérimentale portant la douleur déchirante d’un amour bouleversé par la mort tragique d’un partenaire. «L’habit de prêtre (1986)», à côté de cette photo, en est une autre que l’artiste n’a pas révélée au public. C’est la première fois qu’il l’expose puisque c’est un habit qui représente sa cicatrice et sa source artistique vers la consolation.

  
La rétrospective se poursuit avec les œuvres des premières années de sa carrière, qui reposent sur un monde imaginaire avec des souvenirs intenables qu’il attend pour la guérison. Les allusions sexuelles et les représentations des parties du corps humains, en particulier les «trous», sont omniprésentes dans ses œuvres des années 1990 qui sont exposées dans la première salle de l’exposition : Les Leurres (1992), Le trou de la Cybille (1992), Le Mont de Vénus, Le Ventre de la montre (1992) et Glory Hole (1995).

  
Avec plus de métaphores mythiques voire magiques, l’artiste souhaite insérer un monde imaginaire dans la vie quotidienne. «Mon lit (2003)» ou «Diary of Hapiness (2008)», un univers imaginaire et mythique avec des expressions enfantines mélangé à des mythes indiens et des rêves d’enfants. La salle remplie de verre de Murano, eau et acier d’une couleur argentée mène les visiteurs dans un monde d’imagination rempli de mythes. Jean-Michel Othoniel devant Mon lit (2003)
Alors que l’artiste s’arrête à Séoul avec une rétrospective sortie fraîchement à l’étranger depuis les espaces du Centre Pompidou, une première rétrospective accordée à un si jeune artiste par le centre (2 mars-23 mai 2011), il a exprimé sa joie de découvrir la ville de Séoul et la Corée : «J’avais une idée vague avant de venir ici en Asie, comme si tout me semblait pareil en Chine, au Japon et en Corée. En fait, la Corée pour moi est très différente, un peu non asiatique, beaucoup plus fort (que je l’avais imaginé). Les Coréens sont plus ouverts à l’extérieur que les Japonais ou les Chinois.»

L’atmosphère de contemporanéité à Séoul a beaucoup attiré l’artiste et il n’a pas caché sa joie d’avoir une exposition à Séoul : «L’art contemporain est très présent, plus qu’à Paris. Il y a de l’énergie à Séoul, qui est d’ailleurs très jeune (comparativement à Paris). Je suis content qu’on lance ma première tournée mondiale en Corée et à Séoul, une ville ouverte à l’international.»

L’exposition se poursuivra jusqu’au 27 novembre à Séoul avant de se déplacer au Japon au Musée Hara d’art contemporain et à New York en 2012.

  
Oh Jeong-hun
(FIN)