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2012/08/17 20:18 KST

Risques de représailles économiques du Japon et de la Chine à l'encontre du Sud

SEOUL, 17 août (Yonhap) -- L'accumulation de tensions diplomatiques entre la Corée du Sud et ses voisins chinois et japonais pourrait affecter l'économie du pays, qui dépend fortement des échanges commerciaux avec la Chine et le Japon, ont indiqué aujourd’hui des analystes.

  
Si les relations de Séoul avec Pékin et Tokyo ont évolué positivement ces dernières années, elles ont souvent été entachées par des conflits territoriaux.

La dernière querelle diplomatique entre le Sud et le Japon a été provoquée par la visite impromptue du président Lee Myung-bak effectuée la semaine dernière sur les ilôts sud-coréens de Dokdo, longtemps revendiqués par le Japon en raison de leur richesse en ressources naturelles.

  
Selon un sondage réalisé mercredi par le quotidien économique japonais Nihon Keizai, 90% des 6.958 abonnés ont trouvé cette visite intolérable et 33,1% d’entre eux ont appelé à des représailles économiques contre la Corée du Sud.

  
Les importations sud-coréennes en provenance du Japon se sont élevées à 31,1 milliards de dollars au cours des six premiers mois de l’année, soit 12,4% des importations totales du pays. Le Sud a notamment importé des pièces détachées japonaises essentielles pour les secteurs de la construction navale et automobile qui représentent une part importante de ses exportations. L’économie sud-coréenne serait de toute évidence fragilisée si le Japon décidait de suspendre l’exportation de ces pièces vers la Corée du Sud.

  
«Il est possible que le Japon se montre moins coopératif quant à l’exportation de nouveaux produits, bien que le Japon ne puisse pas décider ouvertement de réduire le volume de ses exportations», a commenté Lim Hee-jung, chargé de recherche au Hyundai Research Institute.

  
Le ministre des Finances japonais a également exprimé son ressentiment suite à la visite de Lee en indiquant que Tokyo s’interrogeait sur l’opportunité de prolonger d’une année l’accord de swap de devises avec la Corée du Sud. En octobre 2011, les deux pays avaient augmenté le volume de leur swap de devises à 70 milliards de dollars. Pour le Sud, il est peu probable que Japon mette un terme à l’accord dans la mesure où Tokyo en bénéficie également, mais dans le cas contraire, les marchés financiers pourraient être secoués.

Les analystes se sont également montrés inquiets quant à d'éventuelles représailles économiques de la part de la Chine, principal partenaire commercial du Sud, avec un volume d’échanges de 220 milliards de dollars enregistrés en 2011, soit plus du double du volume des échanges avec les Etats-Unis, qui ont atteint 101 milliards l’année dernière.

  
Les relations diplomatiques entre Séoul et Pékin sont actuellement tendues en raison des accusations de torture subies par un militant notoire du Sud lors de sa récente détention en Chine.

Lee Geun-tae, chargé de recherche au LG Economic Research Institute, a pour sa part indiqué que la Chine était plus susceptible que le Japon de lancer des représailles commerciales contre la Corée du Sud, ce qu'elle a déjà fait par le passé dans le cadre d'un conflit avec le Japon qui avait dû céder.

  
De son côté, Bang Tae-seop, Samsung Economic Research Institute, a mentionné qu’il était probable que la Corée du Sud, la Chine et le Japon fassent preuve de prudence quant à d'éventuelles mesures de représailles à l’encontre de leurs partenaires commerciaux, compte tenu du ralentissement de l’économie mondiale.

   catherine@yna.co.kr
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