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2010/02/28 11:19 KST
(Interview Yonhap) FMI : une modeste hausse des taux d’intérêt ne menacerait pas les mesures de stimulus de la Corée du Sud

Séoul, 28 fév. (Yonhap) – Une modeste hausse des taux d’intérêt ne viendrait pas amoindrir les efforts de la Corée du Sud pour stimuler l’économie, a déclaré un officiel de haut niveau du Fonds monétaire international, appelant sa banque centrale à entamer son processus de « normalisation » de ses politiques d’assouplissement du crédit mises en place l’année dernière pour faire face à la récession économique.

  
« Etant donné que l’économie continue de croître comme nous l’avions prévu, il serait approprié d’effectuer une normalisation graduelle de la polituque monétaire », a déclaré John Lipsky, Premier directeur général adjoint du Fonds monétaire international, au cours d’une récente interview accordée à l’agence de presse Yonhap. « Ce qui est important ici c’est que, malgré tout, une modeste hausse des taux d’intérêt par la Banque de Corée (BOK) laisserait en place les stimulus de la politique monétaire ».

  

Lipsky visite la Corée pour prendre part à la première réunion du groupe des 20 à Songdo, une ville située à Incheon, un port à l’ouest du pays. Cette réunion, débutée samedi et réunissant des responsables de haut niveau du G20 et de banques centrales, a pour but de discuter de coopération et des politiques économiques et financières.

L’économie sud-coréenne a rapidement rebondi, aidée par les mesures de stimulus du gouvernement, dont un budget additionnel et des réductions d’impôts, couplés à un assouplissement de la politique de la banque centrale l’année dernière.

  
« La politique actuelle des taux fixés à 2 % semble être de 200 points de base sous une position neutre. Comme l’économie continue de croître, en ligne avec nos prévisions, il serait approprié d’effectuer une normalisation graduelle de la politique monétaire », a fait remarquer Lipsky.

« Le taux d’endettement de la dette publique rapporté au PIB se situe entre 35 et 40 %. Cela représente un taux relativement favorable selon des standards internationaux », a-t-il dit. « Lorsqu’on regarde les économies les plus développées du groupe des 20, le taux moyen de la dette publique rapporté au PIB en 2007 était approximativement de 70 %, et nous pensons que, d’ici 2014, il devrait s'élever à environs 110 %. En d’autres termes, il s’agit d’une très forte hausse dans un laps de temps très court ».

  
L’ancien chef économiste de JP Morgan a indiqué que la rapide sortie de crise de la Corée du Sud reflétait la capacité des autorités coréennes à réagir à la crise en mettant en place des mesures de soutien monétaires et fiscales sans créer d’inquiétudes quant à sa capacité à durer dans le temps, grâce à sa position fiscale « forte ». Il maintient ses prévisions de croissance de 4,5 % pour la Corée du Sud cette année.

  
« Il y a des pays qui ont dû faire face à la crise avec un important niveau de dettes, de forts déficits et une inflation élevée, et ils rencontrent des problèmes car ils n’ont pas répondu de manière flexible à la crise. Parmi ceux-ci, on trouve certains pays du sud de l’Europe et d'ailleurs », ajoute-t-il.

  
« En même temps, il semble que l’inflation devrait demeurer à un très bas niveau. Par conséquent, nos recommandations ont en général consisté, en particulier pour les autorités et les décideurs des économies développées, à conseiller de maintenir pour 2010 les mesures de stimulus et les mesures fiscales qui avaient été prévues, et de ne pas les retirer trop tôt », a-t-il précisé.

  
En ce qui concerne la réforme du FMI, Lipsky a déclaré : « L’objectif est de s’assurer que les parts relatives des votes reflètent de manière adéquate le poids économique des membres du FMI. A Pittsburgh, les leaders ses sont engagés à ce qu’il y ait un transfert sur au moins 5 % de la part des votes en faveur des économies émergentes actuellement sous-représentées ».

  
« Cela peut se réaliser en transférant une partie des votes des économies surreprésentées en faveur de celles qui sont sous-représentées. Je suis confiant quant à la possibilité de parvenir à un accord sur cette mesure et j’espère que cela pourra se faire à temps pour le sommet de novembre du G20, ou bien à cette occasion », a-t-il conclu.

  
bruno@yna.co.kr
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